Salaire à vie VS Revenu de base



  • On parle de plus en plus du revenu de base universel ces derniers temps. Pas si étonnant quand on considère l’état de délabrement de l’économie dans nos contrées en récession, voire en « décroissance ». Seulement il nous faut prendre garde aux fausses bonnes idées, quand bien même elles partiraient d’un bon sentiment : ce qui se trouve être le cas avec le revenu universel, ou revenu de base, revenu inconditionnel…
    La meilleure preuve en est que cette idée est désormais soutenue conjointement par Madame Boutin, la Suisse ou même Monsieur Villepin, qui sont pourtant -pour ne citer qu’eux- loin d’être des parangons du socialisme.
    Mais on ne peut se satisfaire de cet argument, et rejeter cette idée sous ce seul prétexte. Il faut surtout lui opposer le concept de « salaire à vie » développé par monsieur Bernard Friot, et établir quels sont les rapprochements et les distinctions qu’on peut faire de ces deux propositions qui semblent se rejoindre mais qui sont en réalité très différentes. Lire la suite…

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-salaire-a-vie-contre-le-revenu-156518



  • Message de @macousine : Il est dommage que certains utilisent le tchat pour dire des choses qui méritent mieux que de s’envoler et disparaitre avec le temps. Surtout si la personne a pris tout ce temps pour écrire un long texte, plein de sens. J’ai trop de respect pour ça ; les mots sont importants, tous les mots et sans leur existence, nous n’aurions pas pu nous exprimer, communiquer, donner notre avis, parler de nos sentiments… et surtout écouter et comprendre les autres et leurs besoins. J’ai donc décidé de déposer ci-dessous la réponse de @zozio, parce qu’elle y a sa place, tout simplement. J’ai refusé le débat, mais ici je veux bien. Je ne veux pas le convaincre, je n’en ai pas le droit. Chacun doit cheminer. « Chacun peut se tromper ; mais qu’il se trompe ou non, il doit être sincère. » Citation de Romain Rolland. Mais, j’ai trouvé tant de sincérité dans les écrits de @zozio qui se font probablement l’écho de beaucoup d’entre nous, alors ils ont ici forcément leur place.

    04:26) zozio : @macousine: Hello !

    Je profite des heures creuses de la douce nuit pour remettre le sujet sur le tapis. Car je ne voudrais pas trop polluer le petit train-train quotidien de l’entre-soi qui règne ici-bas… Non pas que je me prenne pour Dieu, je n’en ai pas la « qualification » (en question) et j’en laisse volontiers à autrui le divin statut – turlututu chapeau pointu !

    Ce qui l’autre jour t’a fait bondir est l’évocation d’une méritocratie à deux poids et deux mesures en ces termes « méritocratie élitaire bidon ». Et, comme scandalisée par ces termes (enfin, c’est l’impression que ça m’a donné), tu as répondu – malgré tout non sans énumérer quelques points « acceptables » – en termes de possibilité d’évolution professionnelle pour le travailleur manuel et « qualification » justifiant plus ou moins le statut social de privilégié. Mais libre à toi de croire en la méritocratie instaurée par l’élite autoproclamée et qu’il existe « pour tous » la possibilité d’évoluer socialement – a fortiori en temps de chômage – ; d’ailleurs pourquoi faudrait-il mériter de vivre décemment dans une société digne de ce nom ?
    La méritocratie n’existe pas plus que l’égalité des chances. Ou alors il faudrait que tous les « citoyens » naissent égaux en « droits et devoirs » (ce qui reste à voir), égaux en taille et poids, égaux en force physique et capacités mentales (de préférence tous des Einstein – lol), etc. Donc, la qualification sert avant tout et plutôt qu’autre chose un système dual, manichéen et discriminatoire, hiérarchisant les dites « valeurs » (plutôt à l’envers), la division sociale du travail – le darwinisme social – et justifie la domination des uns par les autres.

    Il arrive même que des travailleurs soient exploités parce qu’ils n’ont pas la qualification tout en étant à la hauteur de la fonction qualifiante qu’ils occupent – c’est l’aspect protocolaire de la qualification qui prime (sur le papier) même si le travail effectué par l’employé non diplômé est méritoire. Certains pourraient occuper la fonction sans avoir les aptitudes nécessaire au passage de l’examen ; il y a le barrage sélectif de matières non indispensables à l’exercice de la fonction et des gens ne pouvant pas être bons en toutes les matières.

    Le maître d’apprentissage que tu évoques pourrait mériter plus de « bons points et d’images » que l’élève en récompense pour son travail d’éducateur alors que son rôle est précisément de les distribuer aux élèves. Nan mais là j’ironise. Mais si pour mettre tout le monde d’accord chacun avait de quoi vivre confortablement d’un bout à l’autre de son existence, et même si c’était à salaire égal pour tous, qui serait perdant ? À part les cupides, les champions et ceux voulant mener la vie de châteaux (à condition que cela ne soit pas « pour tous ») – alors oui, bien sûr, les champions seraient des perdants…

    J’ai même vérifié à mon dico pour une définition exacte de la « qualification », et là, à part la définition – synchronicité ou pas… ? – je suis tombé sur une citation de Victor Hugo ne pouvant pas mieux tomber : « Les habiles se sont décerné la qualification d’hommes d’État ».
    La qualification servirait donc avant tout à justifier l’élitisme, la domination des uns par les autres et une échelle des salaires plutôt inéquitable – la « valeur travail » ayant bon dos tout en invitant à « travailler plus pour gagner plus » (la petite litanie moralisatrice) ceux qui travaillent déjà trop ou sont trop peu payés pour le travail qu’ils font parce qu’ils ne sont pas qualifiés pour faire autre chose de mieux. Donc, la qualification est bien prétexte à sous-payer des travaux non ou peu qualifiés (le plus souvent pénibles et à risques délétères pour la santé) et qui de toutes façons doivent être effectués par une certaine catégorie et parfois des personnes que rebutent les études ou pas forcément douées des capacités qu’elles requièrent au contraire de ce que tu sous-entends « pour tous ».

    Évoquant le « salaire à vie », par ailleurs, tu trouverais donc logique que le « salaire à vie » puisse varier du simple au double ou triple sans travailler et juste par le miracle de la sainte « qualification » (n’est-ce pas ce que propose Bernard Friot ?), de même que ces avantages, pour ne pas dire privilèges de castes supérieures, soit cumulables avec un salaire plus que confortable sans forcément travailler péniblement ni même à plein temps.
    Je ne suis a priori pas contre le salaire à vie, mais je trouve que par endroits le programme bogue un tantinet en abusant de la sainte « qualification ».
    Libre à moi de penser que la « qualification » n’est pas une valeur marchande, qu’elle est à dissocier de la « valeur travail » qui d’ailleurs dans ce système est elle-même du pipeau – à revaloriser, à commencer par le travail manuel, n’est-ce pas, Manuel ? Cela ne dévaloriserait pas pour autant le travail intellectuel qui a droit aux mêmes considérations – est à mettre sur le même pied d’égalité que le travail manuel.

    La « valeur travail » découlant de la « qualification » est un foutage de gueule. Elle ne prend pas en compte les conditions de travail et la sueur. Par exemple entre autres, faites la comparaison entre le salaire d’un vrai travailleur de la base pyramerdale (le raffarinesque « pays d’en bas » au fondement sociétal hollando-édenté) et celui de commissaire ou sénateur au parlement européen (www.paiecheck.com) – un parasitisme de l’argent public faisant gagner au commissaire européen deux fois plus que notre cher président – coucou François ! Il y en a même qui trouvent le moyen de se faire payer l’absentéisme. Car ce « travail » de « haute responsabilité » est sans doute « épuisant », réclame une « grande tension nerveuse » pour un endormissement garanti après un bon repas gratos et pas arrosé au pipi de chat dans l’hémicycle à blabla, n’est-ce pas ? Un mérite dû aux nombreuses années d’étude et à la « qualification », pour sûr !

    Il y aurait donc un rapport (causal) entre le statut de « sans-dents » et la qualification. Les non qualifiés seraient les plus juteux à presser comme des citrons. D’où le principe des vases communicants les richesses aux étages supérieurs de la pyramerde des valeurs inversées par l’élite. Mais comme il n’y a pas de travail pour tout le monde, la qualification pourrait même être contre-productive pour ceux qui opteraient pour des postes en dessous de leur qualification. En fin de compte ils auraient passé du temps à étudier pour rien et la qualification ils pourraient se la mettre quelque part et retourner aux champs.

    La valeur intrinsèque de la qualification, l’utilité, la nécessité, sont indéniables. Mais ce qui est contestable est l’instrumentalisation darwinienne et antisociale de la qualification faisant que les salaires prospèrent hiérarchiquement au détriment de la base, le statut social dominant, la « valeur économique et marchande » de la qualification dont peut dépendre l’exercice de la fonction avec conscience professionnelle ou non (un potentiel chantage). D’ailleurs certaines fonctions du service public ne sont-elles pas préventivement sur-rémunérées en vue de pallier éventuelle corruption ? Or il ne s’agirait pas de faire son métier avec passion mais tout simplement par cupidité dont dépendrait la conscience professionnelle.

    Bien évidemment qu’il vaut mieux être qualifié pour exercer un métier (en disant cela je pense au pilote de ligne… lol) et qu’on ne peut éviter la surenchère salariale due à la qualification – des corporatistes réclameront toujours leur dû au titre de lourdes responsabilités, de créativité, de production des richesses, etc., mais d’où proviennent les richesses ? Dans un désert les prétendants ne sont plus rien.
    Bien sûr on ne peut faire l’impasse sur la qualification. Mais dans la définition du salaire la qualification est un critère qui ne devrait pas accaparer la plus grande part du « camembert » (statistique) véreux et d’autres critères ne demandent qu’à s’y instaurer pour ne plus laisser place aux « vers »… Car par contre il faudrait récompenser le travail [qualifié ou non] avec une particulière attention portée à l’égard de la pénibilité, la dangerosité, les risques pour la santé et l’usure amoindrissant l’espérance de vie, les responsabilités exigeant conscience professionnelle aussi, mais sans que cela puisse prêter à chantage économique. C’est pour cela que j’avais suggéré comme principal critère d’évaluation celui de l’énergie dépensée par l’organisme du travailleur à l’œuvre – lors du déploiement de la force de travail –, entre autres critères de complémentation – ce serait technologiquement pointu à réaliser, plus difficile d’évaluer le travail intellectuel que le manuel, peut-être, mais on sait bien le faire avec sophistication pour les machines sophistiquées et déjà réaliser pas mal de mesures scientifiques sur la machine humaine, dans la nature, etc.
    Mais le plus simple serait bien évidemment un revenu d’existence, après quoi, libre à soi serait de travailler pour gagner plus, créer sa petite entreprise, vendre à la sauvette, sur le trottoir faire des claquettes ou la tapette… lol Ah oui merde le racolage est interdit maintenant ! Non là j’rigole !

    À faire des plans sur la comète comme si l’éternité était devant soi, le temps passe, trop vite et ne revient pas – ne garantit pas au travailleur qu’il pourra en profiter le temps venu – celui imposé par le déterminisme de l’évolution professionnelle que tu évoques en mode « il n’y a pas d’âge pour apprendre, à tout âge on peut (…), etc. », mais dont se fout la temporalité ; il n’y aurait pas de problème si nous étions éternels.
    Autrement dit, le vrai travailleur ne devrait pas attendre d’avoir évolué en qualification pour que la valeur de son travail soit reconnue ; c’est plus la force de travail – le muscle, mais aussi le cerveau et parfois les deux à la fois pour le même individu – que le diplôme et la qualification qui est à l’œuvre et il s’agirait d’évaluer le travail autrement tout en dissociant « qualification » et « valeur [du] travail » (nuance à la Friot qui par ailleurs se prend à bichonner la qualification dans le cadre du « salaire à vie »).

    À moins d’exercer la profession par amour du métier – pour certains faire un métier de leur hobby, leur passion, tant mieux ! –, le temps passé à travailler – au trepalium – est du temps perdu pour la vraie vie. Alors autant que ça paye ici et maintenant pour pouvoir en profiter sur le champs et lorsqu’il en est encore temps. Pas quand le pékin aura obtenu son diplôme qualifiant à cinquante balais en bûchant durant des heures supplémentaires après les journées de travail pour peut-être ne même pas pouvoir profiter de la retraite. Il y a certes des formations accélérées, mais bon, il faut avoir le niveau et pouvoir suivre en partant de zéro – niveau « CEP » (d’antan) –, sinon ça peut être chronophage, d’ailleurs le pékin n’y aura pas forcément accès ou peut être mené en bateau ad vitam æternam par l’espoir d’une formation comme par une « carotte » qu’il pourra se mettre quelque part, bref…
    Soit dit en passant, l’âge de la retraite augmente et la longévité de l’ouvrier diminue – la qualification a du bon pour les cadres, les maîtres, etc., en les gratifiant de quelques années de vie supplémentaires.
    Pour que la qualification puisse donner un sens au statut social et vice versa – un sens économique, élitiste, etc. –, il faudrait qu’existe l’égalité des chances et de la place pour tous dans la « société » – c’est pas sur cette planète.

    Enfin bref, mais si la vie de l’« éternel apprenti » n’a pas servi pour lui-même et que son corps de forçat ne lui a jamais appartenu, tout n’est pas perdu, car, prématurément disparu, en plus de l’économie pour la « société » d’une retraite à lui payer, il pourra toujours en dernier recours obtenir la qualification pour alimenter le stock des pièces détachées organiques… Ce qui pour le « citoyen » lambda qui ne danse pas tous les jours la lambada, travailleur pauvre spolié, peut représenter une double ou triple peine, est pour la « société » de ceux qui l’ont exploité une aubaine – un double ou triple avantage, voir quadruple ou plus, étant donné la plus-value post-mortem de l’« individuum »…
    Arf, le partage des richesses (ressources humaines) peut parfois prendre de ces détours dans ta « méritocratie » chérie… LOL

    Amicalement ;)



  • Bonjour,

    Trente trois fois le mot « qualification » ou un dérivé a été employé, c’est dire à quel point cela tient à cœur de @zozzio et c’est compréhensible. Et j’en conclu que c’est vraiment cela le cœur du problème et c’est même la base du salaire à vie. Ca mérite donc qu’on y passe un peu de temps.

    Dans le privé, les personnes n’ont aucune sécurité dans le travail, parce qu’elles n’ont aucun pouvoir sur le travail, et cette insécurité fait échouer l’orientation et l’accompagnement. Ce qui a été conquis en 1945 avec la Sécurité Sociale par Ambroize Croizat puis en 1946 avec la fonction publique est une conquête politique des salariés sur le travail. Il ne s’agit pas de conserver ce qui a été acquis par la fonction publique, ce serait une erreur, mais de l’appliquer à tous.

    D’abord, il est important de ne pas confondre l’activité et le travail tout comme la certification et la qualification. Souvent il y a confusion de façon délibérée et entretenue. Souvent on dit que quelqu’un de diplômé est qualifié, cela est faux.
    La certification c’est le diplôme ; elle garantit qu’une personne a acquis un savoir général et/ou professionnel qui lui permet de créer des biens et services utiles tels que mécanicien, journaliste, comptable, comédien… C’est cette activité qui créée de la valeur d’usage.
    En contrepartie, la qualification n’est pas liée à un diplôme, et reconnaît à une personne la capacité d’être payé à créer de la valeur économique en lui attribuant un salaire, et ça ce n’est pas directement lié à la possession d’un diplôme, c’est le côté travail, et c’est la part de l’activité reconnue comme étant créatrice de valeur. Ainsi, on peut dire que l’école certifie, mais elle ne qualifie pas.

    Si tu perçois une qualification à vie (ou un salaire à vie), lorsque tu changes de poste ou d’emploi, ton salaire ne change pas car tu es payé pour ce que tu es et non pour le poste que tu occupes. En contrepartie si tu veux que ta capacité de produire plus de valeur soit reconnue, il faudra que tu passes un concours. La qualification est celle du salarié. Tu peux aussi choisir d’avoir un autre emploi ailleurs, faire autre chose, et ce nouvel emploi complémentaire fonctionnera de la même façon.

    Nous confondons souvent qualification et certification tout comme nous confondons valeur d’usage et valeur économique. Exemple un gâteau produit entre amis est une activité à valeur d’usage, le même gâteau produit par un pâtissier est du travail avec valeur économique. La même valeur d’usage a une tout autre valeur économique dans le privé et dans le public. Nous serions plus en danger si les éboueurs ne ramassaient plus les poubelles que par la fermeture des hôpitaux, et pourtant les médecins diplômés sont plus payés que les éboueurs. On n’en finirait pas de mettre en évidence la disparité des deux mondes de la valeur d’usage et de la valeur économique. Mais ce qu’il est important de retenir, c’est que dans notre société, la valeur économique c’est le pouvoir. Les détenteurs du capital ont confisqué le statut de produire, et ce sont eux qui décident de ce qui est du travail qui créé de la valeur économique, la valeur d’usage n’ayant aucune importance pour eux.

    C’est à nous de leur reprendre notre statut de produire. En effet, aucune sécurité dans le travail n’est possible tant que le pouvoir sur le travail n’appartient pas aux travailleurs eux-mêmes. Cela passe par l’attribution à tous d’une qualification et du salaire à vie à partir de la majorité citoyenne (environ 16 ans), la création d’une cotisation calculée sur la valeur ajoutée et gérée par des caisses dirigées par des travailleurs et non par des représentants de l’état.

    Ceci étant expliqué, je vais reprendre ci-dessous en copié-collé ce qu’a dit Bernard Friot lors de son discours aux 60èmes JNE de l’ACOP.F, Bordeaux, 20-23 septembre 2011 sur la façon de mettre en place le salaire à vie. Il expliquera mieux que moi ce sujet.Toutefois rien n’est fermé et tout peut être discuté, mais pourquoi perdre encore du temps puisque tout est déjà là et que ceux qui sont contre la mise en place du salaire à vie, tel qu’il est proposé, sont ceux qui le touchent actuellement (députés, parlementaires…).

    Bonne lecture et au plaisir car c’est plutôt agréable à lire mais je dois le faire sur un autre post.



  • Discours de B.Friot à lire surtout à partir du point 10

    http://www.reseau-salariat.info/d84e03e67a62c2529fd64ad85802168a?lang=fr



  • Ce message a été supprimé !


  • Je partage également un extrait du projet révolutionnaire de B. Friot pour construire une alternative au capital, et c’est dit avec des mots forts, mais justes :

    https://www.youtube.com/watch?v=NyNmX_moBuw



  • Pourquoi pas un revenu de base pour tous ? Partie 1. L’idée est tentante : elle rencontre un écho positif en Finlande, aux Pays-Bas et en Amérique du Nord, elle a cependant été rejetée par référendum en Suisse.

    https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201607271027032952-france-revenu-de-base/

    Un audio de 26 mn est dispo sur le lien ci dessus.



  • Tout d’abord je te remercie d’avoir pris le temps de poster sur le sujet.

    Le salaire de base et le salaire à vie sont deux choses différentes mais bien entendu le principe est le même. Il vise à reconnaître que l’homme a un droit à l’existence et que la pauvreté est intolérable dans notre société.

    Je suis fort aise de savoir que plusieurs pays tentent de mettre en oeuvre ce salaire, qu’il soit de base ou à vie. Cela va dans le bon sens et cette réflexion arrivera un jour en France. Mais t’’es-tu demandé pourquoi les suisses l’ont rejeté ?  à cause du coût tout simplement. Le salaire de base nécessiterait 188 milliards d’euros, et la suppression des aides dans le cas du salaire de base ne serait pas suffisante pour combler, il en manquerait encore 25 milliards d’euros, qui aurait pu être comblé par une taxe sur les transactions électroniques comme le demandaient les partisans du revenu de base. Et c’est bien le nerf de la guerre, 0,2 % supporté sur les transactions, cela veut dire tout le monde.

    Or, qui créé la valeur d’une entreprise, ce sont les salariés. Même en cas d’automatisation avec peu ou pas de personnel, qui ont créé ses machines, ce sont bien des salariés et qui perdent ensuite leur boulot. Il est tout simplement normal que le fruit de la sueur de ceux qui produisent les biens et les services d’une entreprise leur reviennent. Le profit d’une entreprise appartient à tous pas seulement aux dirigeants et aux actionnaires. Il n’a pas à être redistribué ou réparti parce que ça voudrait dire qu’on ne peut produire de valeur que dans la sphère capitaliste. Or, tout le monde produit de la valeur, même une maman qui éduque ses enfants.

    Ce que propose Bernard Friot c’est une autre lecture. C’est que les entreprises ne paient plus aucun salaire, seulement la cotisation du salaire à vie et ce sont des caisses gérées par des salariés qui le paieront à tous, y compris celui des dirigeants. D’abord ce sera plus sûr, et après libres à tous d’en faire ce qu’ils veulent.

    Pour Bernard Friot : « Le salaire à vie est préférable au revenu de base car il exprime la reconnaissance d’un travail, d’une production. Tout le monde produit de la valeur. Dans le revenu de base, on reconnaît les humains comme des êtres de besoin, on leur donne de quoi survivre pendant que les autres produisent de la vraie valeur économique. ».

    Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer le salaire à vie. C’est une alternative au capitalisme, c’est lié à la qualification et fait du salarié un co-propriétaire de l’entreprise.

    Je te suggère également deux videos très simples et amusantes à regarder, celle d’Usul2000 ci-dessous et les explications de Bernard Friot dans une autre plus bas.

    http://www.madmoizelle.com/usul-salaire-a-vie-alternative-capitalisme-437689



  • Et voici la seconde partie… Pourquoi pas un revenu de base pour tous ? Partie 2 (et fin)

    https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201607291027074484-senat-fredric-lefebvre–france-revenu-de-base/
    Audio de 26 mn est dispo sur le lien ci dessus.



  • @macousine__ merci a toi, je ne fais que poster des liens frais et sur le sujet.
    je me garde bien de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Sachant que le but est le meme (en facade) . Libre a vous de faire votre analyse.
    Pour ma part, commencer a chipoter sur l’un ou l’autre des projets, personne n’est d’accord , mais tout le monde en parle. Chacun dans sa cuisine.
    Et y’a de bonnes recettes dans les 2 “camps” et de mauvaises aussi.
    Honnetement, ce projet de revenu de base , ca arrange tous le monde gauche droite, droite gauche… mais ca ne verra pas le jour avant 100 ans. Surtout en France. Mais on en parle …

    La Finlande envisage le lancement d’un revenu universel de 800 euros mensuels :
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-finlande-envisage-le-lancement-d-un-revenu-de-base-de-800-euros-mensuels-534377.html

    Quant au porte flingue de la tallonette , Frédéric Lefebvre , j’ai des doutes… son intention est plutot de supprimer toute aide sociale au profit d’un revenu de creve la faim a 400 euros. meme pour Bettancourt. C le style du personnage.
    Affaire a suivre …



  • Bonjour 6beurres.

    Merci d’alimenter dès que tu trouves quelque chose sur le sujet, tu peux continuer. Ca peut aider à faire comprendre la différence. mais ce qui compte vraiment c’est que nous sortions d’un système qui veut faire de nous des esclaves. Je crains aussi que le revenu de base ne soit un leurre et nous conforte à maintenir une “classe” au pouvoir, et cette classe n’hésitera pas à grignoter ce qu’elle aura concédé à un moment donné. Elle l’a toujours fait et il faudra toujours se battre.

    Le salaire à vie, ce n’est pas attendre de ceux qui nous dirigent, qu’ils nous fassent l’aumône, via des aides, qu’ils regrettent aussitôt nous avoir accordé. Mais c’est contribuer à la grandeur d’un pays, à avoir du respect pour nous-mêmes. On ne demande pas à être aidé, on n’a besoin de personne. On veut ce qui nous revient. Ce que nous avons contribué à construire, à bâtir, à créer. Il ne devrait pas y avoir de pauvres dans un monde aussi riche, on est pauvre parce qu’on ne nous permet pas de faire ce que l’on veut faire. Nous sommes contraints à être les esclaves d’une classe d’héritiers bien nés, et pourtant c’est nous qui créons la richesse que d’autres s’accaparent comme étant leur profit, en nous laissant croire qu’un jour, nous pourrions être comme eux, à leur place.

    On pourrait s’en foutre. Mais comme moi, tu sembles animé par un souci d’équité et de justice. Alors souhaitons seulement qu’un jour cela soit compris par d’autres, parce que la France me semble bien à la traîne sur le sujet, y compris sur l’évolution des mentalités.



  • Alors, le salaire à vie ou le revenu de base, c’est une utopie ou pas ?

    Les congés payés ça parait normal aujourd’hui, pourtant en 1936, c’était une utopie.

    https://m.youtube.com/watch?v=bBBUgTtM-6o



  • Voilà, les idées avancent ! Les députés, les hommes politiques sont de plus en plus sensibles à la problématique du manque de travail et l’idée d’un salaire à vie fait tranquillement son chemin.

    Jean Luc Mélenchon a dit dernièrement :

    Il y a sur le revenu universel beaucoup d’avis. La plus avancée est celle de M. Friot qui implique la socialisation de toute la plus-value.

    C’est effectivement un projet révolutionnaire et c’est pour cela qu’ "un projet révolutionnaire ne peut jamais passer par un soutien aux pauvres !" Comme certains l’ont écrit, c’est une alternative solide et cohérente face au marché de l’emploi, contrairement au revenu de base, duquel le capitalisme s’accommoderait bien…

    https://twitter.com/JLMelenchon/status/807926569050243074

    http://www.revenudebase.info/2016/07/22/salaire-vie-revenu-inconditionnel-compte-rendu-debat-friot-mylondo-menilmontant/



  • Et si nous profitions des élections 2017 pour ouvrir le débat sur le salaire à vie (ou le revenu de base si vous préférez), en se mobilisant pour systématiquement poser des questions en ce sens aux candidats à la Présidentielle.

    Utilisons les réseaux sociaux par exemple, car si chaque fois le sujet était évoqué, comme un leitmotiv, il finirait par être retenu comme la priorité des français. Nous avons la possibilité d’agir, de #hashtaguer les médias, et de cette façon influer sur les programmes des prétendants, lorsque la TV ou la radio ouvrent leurs antennes pour des débats ou émissions politiques et réclament des questions via les réseaux sociaux. Ces derniers peuvent aussi être utilisés à bon escient.

    Mais ne soyez pas dupes, parce qu’…

    « en tout cas, le revenu de base, c’est comme tout ce qui est de base, c’est dégueulasse…»

    Prenez le meilleur.

    http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/12/13/revenu-de-base-ou-salaire-juste/


Se connecter pour répondre
 

Il semble que votre connexion ait été perdue, veuillez patienter pendant que nous vous re-connectons.