L'entraide, un facteur d'évolution



  • Paru en 1906, l’Entraide, un facteur de l’évolution, est considéré comme une réponse de Pierre Kropotkine au livre de Charles Darwin, De l’origine des espèces par les moyens de la sélection naturelle. Souvent mal lue, la théorie de Darwin appliquée aux sociétés humaines valideraient les crises capitalistes et leurs vagues d’exclusions, voire d’élimination, comme une évolution nécessaire et saine pour la société.

    Sans nul doute, l’entraide est un facteur essentiel de la survie des sociétés humaines. Elle a été pratiquée de tout temps sous différentes formes et a permis aux êtres humains de surmonter les périodes difficiles.

    A découvrir….



  • @macousine__ Super vision des choses ! Il faudrait qu’on s’entraide pour créer un monde où l’homme qui sait pêcher ne n*ke pas l’océan mais le gère de manière responsable, par exemple. :)



  • C’est un livre intéressant qui date de 1906 et pourtant si actuel. Contente qu’il vous ai plu @Rebecca Plz. Il met en évidence que la “Loi du plus fort” si souvent mise en avant, n’est pas la vérité. Les animaux qui s’entraident survivent face à leurs prédateurs. Combien de temps, il faudra à l’homme pour en prendre vraiment conscience ? En fait, ce livre dénonce la supercherie d’une idéologie fondée sur l’individualisme et la concurrence entre nous. Et surtout, nous y apprenons que l’entraide remonte au début de notre évolution, et que rien n’aurait pu être sans elle. C’est l’entraide qui nous sauvera, pas la lutte.

    Oui, il faudra un jour que l’homme cesse d’être un prédateur et qu’il devienne, ou plutôt redevienne responsable.



  • Ravie de voir que le sujet de l’entraide intéresse encore aujourd’hui. Je savais en évoquant ce livre ici sur le forum qu’il deviendrait un jour un vrai sujet. Pablo Servigne est un chercheur in terre dependant et pour notre plus grand plaisir, il nous parle de l’entraide dans la nature. Vivement que les humains comprennent.



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  • Macousine a dit :

    Comme le monde est petit. Une magnifique interview de Pablo Servigne par François Ruffin a propos de son livre “une autre fin du monde est possible”. De la dépendance (au système) a l’indépendance (survivalisme) puis a l’ interdépendance (l’entraide, les communs) car nous avons besoin des uns des autres pour survivre. En fait, en milieu d’abondance, quand on est riche, on peut se permettre d’être égoïste, on peut dire à notre voisin, je n’ai pas besoin de toi… A écouter pour comprendre le monde et pour construire le prochain. Mais pas que, ca aide aussi a comprendre l’intérêt de participer à l’association (bien commun - pot commun), utilisée de maniere juste entre tous. Il parle de Kropotkine, dont le livre est posté ici. https://youtu.be/6J1Lzs-iYAI



  • Je tiens à vous retranscrire un passage intéressant qui explique le chemin intérieur évoqué par Pablo Servigne. Alors bien entendu, ce terme n’a pas fait écho à François Ruffin, qui n’est pas particulièrement sensible à tout ce qui est de l’ordre de la spiritualité. Toutefois il y a plein de choses dans ce passage qui explique que si l’homme ne prend pas conscience, d’autres parleront d’éveil, d’autres de chemin intérieur, mais enfin peu importe les mots. Si l’homme ne prend pas conscience de son interdépendance, de son inter connexion avec le monde réel, avec la nature, avec les animaux, il ne survivra pas à un effondrement.

    Extrait :

    F : Je trouve que l’originalité de votre travail, ce n’est pas forcément de savoir qu’il va y avoir un effondrement, vous n’êtes pas des Nostradamus. Ce n’est même pas de savoir comment ça va se passer et à quoi ça va ressembler, mais c’est plutôt comment on vit avec ? Et même dans le premier bouquin, la partie qui est la plus intéressante, c’est la troisième partie, enfin pour moi. Et c’est la partie où vous dites : Qu’est-ce qu’on fait avec ça". Il y avait un titre de Desproges, “Vivons heureux en attendant la mort”. Nous, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on attend l’effondrement ? Normalement ça incline à une certaine passivité, le fait d’avoir une telle mauvaise nouvelle, en face de soi, dont on a déjà les effets aujourd’hui. Parce qu’on peut en parler au futur mais je suis parti en vacances avec mes 30% d’oiseaux en moins en 30 ans et mes 80% d’insectes en moins sur les 30 dernières années aussi. On se dit que la chute est déjà là et la disparition d’un certain nombre d’espèces c’est déjà au présent. Quand on vit avec ça, qu’est-ce qu’on en fait ? Je trouve que c’est ça l’originalité de votre boulot. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On se désespère ou bien à l’inverse, on se dit : Punaise ! Puisque c’est foutu autant qu’on en profite. On se dit qu’il vaudrait mieux s’aveugler, qu’est-ce que tu nous emmerde à écrire des bouquins qui nous décrivent ce qui se passe, si de toute façon on n’a peu de prise pour changer tout ça. Et donc, si jamais ça va s’effondrer, autant qu’on ne le sache pas et qu’on continue à vivre tranquillement.

    P : Faut-il désespérer, bille en cours ? En fait, quand tu te prends tous ces chiffres dans la figure, quand tu commence à savoir et à y croire, il y a différentes réactions que j’ai vécues et que j’ai observé chez le public. Dans mes années d’éducation populaire, j’ai vraiment fréquenté plein de publics différents. J’ai commencé à Liège en Belgique, un public assez populaire. Liège est une ville ouvrière où il y a un tissu associatif très riche, vraiment. J’étais au contact
    de ça. Après j’ai fréquenté le milieu universitaire, même des hauts fonctionnaires, les milieux anarchistes, voilà, un peu tout et à chaque fois, il y a les mêmes choses. Il y a ceux qui désespèrent, ceux qui ont peur, ceux qui sont en colère contre ce système, contre le capitalisme, contre ce que tu veux… et puis ceux qui sont dans la joie, qui vont aller de l’avant, etc… Il y a de tout. En fait cela ressemble aux phases du deuil. Quand tu as une perte, d’abord tu es dans le déni, tu ne veux pas savoir : “non ne me parle pas de ça, je veux que des bonnes nouvelles”. Après tu commences à croire, à marchander : non, mais peut-être qu’il n’est pas mort, peut-être que ça peut s’effondrer qu’à moitié, peut-être qu’on peut préserver un peu d’oiseaux, etc… Après désespoir, colère, il y a l’acceptation. L’acceptation, ce n’est pas un stade miraculeux où on ne voit plus les problèmes, c’est là où tu as le courage de voir les choses en face, d’accueillir les émotions et d’aller de l’avant. Ca ne veut pas dire que c’est bisounours et que tout va bien se passer, cela veut dire que tu peux être aligné et vraiment te mettre en action. Du coup tu as toutes les postures, le survivalisme, cette caricature qu’on fait souvent de s’enterrer chez soi. Faire des stocks, c’est tout a fait logique. Manger, boire, protéger sa famille, tout le monde a un survivaliste en lui, c’est normal. Et on a tous une sorte de transitionneur en nous. On se dit, mais on est tous dans le même bateau. On s’en sortira tous ensemble. Tout seul, moi je suis rien. Est-ce que je continue à être un humain si je suis le seul survivant sur terre. On a tous un transitionneur et un survivaliste en nous. Et puis tu as les gens qui sont plus dans le désespoir, voir le nihilisme, qui sont là : "ouais, ce système dégueulasse bien fait que ça pète, vivement que ça pète. Nous, on appelle ça “les savapétistes”, (rires) et il y en a plein. On a tous un savapétiste en nous. Moi j’ai eu cette phase aussi. On ne peut qu’avoir de la colère, quand tu vois les bulldozers qui détruisent les Zad, qui détruisent les forets. Et puis tu as la tristesse, le désespoir, qui se déclinent plutôt en à quoi bonisme : A quoi bon, on finit notre vie au bistrot, etc… Il y a de tout, il y a des phases, on a des phases du survivalisme et à moment tu te rends compte que tout seul, tu peux rien, donc tu vas vers les autres. J’ai connu plein de survivalistes qui s’interrogeaient : en fait c’est quoi tous ces stocks de nourritures, ben je vais aller faire une communauté, m’inscrire au conseil municipal, rendre ma ville résiliente, etc… il y a plein de phases. Voilà, c’est cela le passage et c’est assez intéressant ce qu’on écrit dans le nouveau livre : de la dépendance, à l’indépendance. On est dépendant complètement comme une poupée avec des fils d’un système thermo industriel économique et financier, il nous nourrit. Moi sans carte de crédit, sans bagnole, je ne sais pas bouffer, je meurs en trois semaines. J’en suis là, franchement, mais qui peut encore survivre sans bagnole, sans carte de crédit ? Il y en a, mais pas beaucoup. Du coup, on est comme ça avec des fils. La transition, c’est quoi, c’est couper ses fils avant que tout le système nous emporte. Tu ne peux pas les couper seul. Tu les coupes tout seul, tu meurs. Donc tu dois forcément retrouver le collectif pour avoir la puissance de faire des AMAP, de faire à manger ensemble, de retrouver du local, de retrouver une puissance d’agir qui te permet de couper les fils ensemble. Je ne sais pas, moi, Paris en transition, Amiens en transition, etc… et tu célèbres la coupure d’un fil. Donc tu passes de la dépendance à l’indépendance. Tu passes de l’enfance, la dépendance à l’indépendance, l’adolescence. Tu commences à t’épanouir du foyer, à sortir et à trouver une puissance. Mais ça ne suffit pas. L’adolescent, c’est celui qui n’a pas de limite qui ne voit pas la mort, qui ne veut pas voir la mort et les souffrances, il est dans l’infini. Et je trouve qu’on est dans une société adolescente, patho adolescente parce qu’on ne veut pas voir la mort, on ne veut pas voir les limites mais dans le toujours plus. Tu vois le transhumanisme, c’est l’apogée, l’apex de la patho adolescence. Les jeunes riches dans la Silicon Valley qui joue à qui détruira la mort en premier, c’est absolument ridicule. Il y a un passage intéressant, c’est de l’indépendance de l’adolescence, d’aller encore plus loin vers l’interdépendance. Ca c’est le passage à l’age adulte. Tu te rends compte que nous sommes interdépendants. Nous avons besoin des uns des autres. Nous avons besoin des oiseaux, des escargots, des forets, des rivières, etc… On est tous interdépendants dans le tissu du vivant, mais c’est une interdépendance radicale et ça amène à la conscience de la mort, des limites, des souffrances. C’est cela l’acceptation dont je parlais, c’est le passage à l’age adulte. Et ça apporte l’humilité. La conscience de la vulnérabilité, c’est l’humilité. C’est arrivé avec une autre posture que celle de conquérant, de destructeur, etc… et ça apporte l’authenticité, des liens. On peut vraiment arriver vers l’interdépendance, c’est-à-dire les sociétés, enfin refaire des communautés. Je veux dire que l’être humain, ça fait des centaines de milliers d’années qu’il vit en communautés. Il sait très bien gérer les pénuries. Il sait très bien gérer les milieux difficiles. Il a vécu des glaciations, etc… et comme on dit dans l’Entraide, ce sont les plus coopératifs qui survivront. Il y a un déclic à faire.



  • Une très belle intervention de François Ruffin. Ce que j’apprécie chez lui c’est qu’il rencontre des gens et cherche à mettre en oeuvre ce qu’il apprend d’eux pour le bien de tous. Là sur le coup il parle des métiers d’Assistantes maternelles et de Vie et des métiers du “Tendre”, comme il dit, mais ça m’a fait penser aux GILETS ROSES :

    13’00 : Une de mes dernières grandes lectures, ça a été le livre de Pablo Servigne qui s’appelle “L’Entraide”. Et qui montre comment massivement dans la Nature, on nous représente le Darwinisme qui veut que ce soit la guerre de tous contre tous et de toutes les espèces contre toutes les espèces. Ce que montre Pablo Servigne, s’appuyant sur les travaux de Darwin lui-même à la fin de son existence mais aussi sur les travaux de Kropotkine et d’un certain nombre de biologistes, c’est que l’entraide est massive dans la Nature !

    Elle est massive dans la société ! On ne cesse de s’aider les uns les autres. En ouvrant la porte à son voisin, en mettant la table pour son époux ou son épouse : nous avons des gestes quotidiens, permanents d’entraide qui sont intégrés à notre comportement et dont nous n’avons même plus conscience.
    Et, évidemment, ce qu’il montre aussi c’est que les espèces qui survivent le mieux sont les espèces où il y a le plus d’entraide à l’intérieur. Et donc, plutôt que d’être dans une logique de la concurrence, de la compétitivité, de la guerre contre tous qui nous est aujourd’hui vantée à l’échelle de la société, l’imaginaire que nous devons ouvrir, c’est l’imaginaire de l’entraide.

    C’est ça qui dans l’effondrement qu’on peut redouter, dans l’effondrement qui est sans doute déjà en cours, dans l’effondrement écologique en cours, ce qui peut nous permettre de mieux résister, c’est sans doute de s’appuyer sur cette entraide des uns envers les autres.
    Et je pense que du coup, dès aujourd’hui, investir massivement dans ces métiers de relation, de lien ou d’entraide c’est préparer un au-delà de la crise écologique en cours.

    A écouter intégralement :


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