Sommes-nous fait pour travailler ?



  • Re : Salaire à vie VS Revenu de base

    J’ai retranscrit, pour ceux qui préfèrent lire, les 8 mn d’une émission de TV sur le salaire universel que j’ai trouvé passionnante, une vraie réflexion sur le travail et sur le monde que nous aimerions construire demain. Je pense, comme Paul Ariès, que l’homme ne doit pas être un forçat du travail et de la consommation, qu’il finira par détruire notre planète. Cette émission datant de 2009, il nous parle encore du bouclier fiscal. En 2017, je ne sais s’il préfèrerait défendre le salaire à vie ou le revenu de base. Peu importe… A mon avis, c’est le financement qui sera la pierre angulaire de la réalisation de chacun d’eux. Et ce financement devra être “sécurisé” au maximum.

    Si l’on doit vraiment évoquer ce qui diffère l’un de l’autre, je dirais que le Revenu de Base serait plutôt financé par l’impôt donc tout le monde y contribuerait sauf ceux qui en seraient exonérés (nécessité de mettre un terme aux exilés fiscaux). Le Salaire à Vie serait, lui, financé par les employeurs via des cotisations gérées par des Caisses (dirigées par des salariés) uniquement prélevées sur le profit de toutes les entreprises avant redistribution aux actionnaires. Tous les salaires seraient payés par les Caisses et les employeurs n’auront pas la main sur nos salaires. Et pour aller plus loin, n’oubliez-pas d’aller sur le forum, voir un autre topic : Le Salaire à Vie, c’est maintenant. https://encommun.libre-a-toi.org/topic/12/le-salaire-à-vie-c-est-maintenant

    Mais pour l’un comme pour l’autre, ils seraient versés à toute personne (salariés, jeunes, chômeurs, femmes au foyer, retraités, etc…) le temps libéré permettrait de participer à des activités non marchandes telles que le bénévolat et serait ainsi bénéfique pour la collectivité.

    La vidéo, en plusieurs parties, a toute sa place sur ce forum :
    Durée : 8 mn
    Date : Novembre 2009
    Intervenant : Paul Ariès
    Source : Arte « Sommes-nous fait pour travailler ? » 1ère partie
    https://www.youtube.com/watch?v=sJkYcyMAw3Y

    Voix off : Et enfin… enfin ! Un invité trop rare sur les plateaux de télévision. Paul Ariès, politologue, enseignant, directeur du journal Le Sarkophage. Apprendre à faire le vide, nous dira t-il ? Normal, il est en France le pape de la décroissance. Alors ! Perdre sa vie à la gagner !

    Présentatrice : Paul Ariès, bonsoir. Vous avez entendu le titre de l’émission ? Sommes-nous fait pour travailler ? Qu’en pensez-vous ?

    PA : Je répondrais déjà tout simplement que le travail nous fatigue, donc visiblement nous ne sommes pas fait pour travailler. Et puis, je répondrais plus sérieusement qu’en fait l’histoire du travail, c’est l’histoire d’un dépouillement. C’est-à-dire qu’on a dépouillé les anciens travailleurs de leur outil. On les a dépouillé ensuite d’une partie du « sur-travail », c’est-à-dire du profit. On les a dépouillé ensuite de la culture, des savoirs-faire traditionnels. Et aujourd’hui, on voudrait les dépouiller du sens même de leur travail. Il y a deux chiffres qui sont intéressants. On sait que 75% des salariés considèrent ne pas savoir réellement quelle est l’utilité de ce qu’ils produisent, et 80 % des gens avouent s’ennuyer au travail.

    Présentatrice : Alors, je reconnais bien là votre sens de la provocation. Vous dites que le travail fatigue… mais le travail enrichit également, c’est un savoir-faire ?

    PA : Je dirais que le mot « travail », c’est comme le mot « production » et « consommation », c’est un mot poison qui empêche de penser. Quand on parle de travail, de quoi parle t-on ? Est-ce qu’on parle d’une activité qui est créatrice ou est-ce qu’on parle de la taylorisation du sourire ? Aujourd’hui cette obligation de sourire, qui est celle des hôtesses d’accueil dans les péages d’autoroutes ou des caissières à l’hypermarché. Quand on parle de travail, est-ce qu’il s’agit d’un travail qui est utile à la société ou qui est nuisible ? Il faut nécessairement décoloniser notre imaginaire et abandonner, effectivement, ces grands mots à majuscules, qui en fait sont là pour empêcher de se poser les vraies questions : comment travaille t-on, pour fabriquer quoi et vis-à-vis de quel besoin social à satisfaire ?

    Présentatrice : Je vous rassure, Paul Ariès, si je souris je ne suis pas forcée, personne ne m’y oblige. Ce qui est intéressant dans votre pensée, et vous êtes d’ailleurs connu pour cela. Vous avez dit : « une pensée c’est radicale », et là on l’entend encore sur le travail. Vous n’arrivez pas à envisager le mot travail associé au mot richesse ou, je maintiens, savoir-faire et enrichissement, épanouissement personnel ?

    PA : Mais là aussi, l’histoire nous apprend à différencier ce qu’on appelait auparavant l’opus, c’est-à-dire la création et le labeur, le travail. S’il s’agit d’avoir une activité qui émancipe, qui éveille l’intelligence, je dirais que je signe tout de suite. Sauf qu’aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a un retour du néo-taylorisme et c’est ça qui est particulièrement grave. Et puis on ne peut pas poser la question du travail sans poser aujourd’hui la question tout simplement de la situation environnementale. Est-ce que l’on peut produire toujours plus, donc travailler toujours plus, ou bien au contraire, est-ce qu’il va falloir apprendre à vivre plus frugalement, donc aussi à faire autre chose que travailler, et le droit aux loisirs, le droit à la paresse, me semble être une alternative tout à fait intéressante.

    Présentatrice : Est-ce que votre point de vue quand même sur le travail, associé au labeur on vient de l’entendre, est un point de vue marxiste ?

    PA : Pas nécessairement. Je crois même que, autant traditionnellement le marxisme a critiqué l’exploitation au travail, autant finalement il a dit relativement peu de chose sur la centralité du travail. Or, aujourd’hui, ce qu’il faut faire, c’est en finir avec le stakhanovisme, avec l’idée effectivement que le travail serait au centre de nos existences. Et nous, nous avons tendance à penser que ce qu’il faut revendiquer aujourd’hui, ce n’est pas plus de pouvoir d’achat, c’est un revenu garanti. Permettre effectivement à chacun de nous de vivre frugalement, mais de façon certaine. Et grâce à ce revenu garanti, et bien nous pourrons développer les autres facettes de notre personnalité. C’est redevenir des poètes, redevenir des citoyens, redevenir des amants et des amantes. On a autre chose à faire dans la vie que d’être un forçat du travail et un forçat de la consommation.

    Présentatrice : Est-ce que ce n’est pas totalement utopique, franchement Paul Ariès ? Un revenu pour tout le monde, un revenu garanti, une société sans travail, c’est imaginable ça ?

    PA : Quand on parle de revenu garanti, cela a été chiffré. On sait qu’aujourd’hui on pourrait donner à chacun l’équivalent du SMIC ; le choix il est politique.

    Présentatrice : A chacun l’équivalent du SMIC ?

    PA : Oui ! On pourrait donner à chacun l’équivalent du SMIC. Le choix est politique. Mais je dirais qu’il n’y aura pas de revenu garanti, s’il n’est pas couplé à un revenu maximal autorisé. C’est-à-dire que là où l’on dit par exemple avec le bouclier fiscal : « au dessus de 50 %, on ne prend rien », nous, nous avons tendance à dire « au dessus de 50 %, on prend tout ». Remettre en cause la centralité du travail, c’est véritablement une révolution anthropologique. On s’en rend bien compte aujourd’hui quand on parle de travail, finalement il y a deux réalités. Je dirais qu’il y a un travail qui peut être socialement utile et celui là, je dirais qu’ il faut le défendre, et s’il y a un revenu garanti, c’est pas la fin du travail, c’est la fin du travail aliéné, c’est la fin du travail forcé. Et puis, il y a aujourd’hui le fait de vouloir maintenir à tout prix des gens dans un travail parce que c’est une sorte d’impératif moral. Je dirais qu’il n’y a rien qui rassure tant la bonne société que le SDF qui vend un journal gratuit. Aujourd’hui, au lieu de créer des faux emplois, au lieu de multiplier des stages bidons, au lieu de prolonger une scolarité qui ne mène à rien, et bien il vaudrait mieux développer l’imaginaire et ne plus faire du travail le centre de nos activités, mais faire du politique, de la poésie, le centre de nos existences.

    Présentatrice : Mais Paul Ariès, le travail, on en a besoin. On a besoin de médecins, d’infirmières. On a besoin de boulangers. On ne peut pas demander moins de travail à ces personnes là ?

    PA : C’est évident qu’il ne s’agit pas de penser en « tout ou rien ». Et quand on parle d’intégrisme, je dirais que l’intégrisme peut être de partout. Un slogan comme « travailler plus pour gagner plus » c’est un slogan autant intégriste que le slogan qui est le nôtre, c’est-à-dire « moins de bien et plus de liens », la question étant finalement de porter un diagnostic sur le monde. Est-ce que l’on croit que l’on va pouvoir généraliser nos modes de vie ? Il suffit de citer deux chiffres. On sait qu’aujourd’hui 20 % des humains dont nous sommes s’approprient 86 % des ressources planétaires. Si six milliards d’humains vivaient comme nous, une seule planète terre ne suffirait pas, donc il faut en finir avec l’illusion d’une société d’abondance, il faut en finir avec tout simplement ce culte du travail.

    Présentatrice : Même s’il y a ces inégalités que vous décrivez, cette société d’abondance nous a permis d’avoir une meilleure espérance de vie. Elle nous a permis de vivre mieux qu’il y a deux ou trois siècles. Vous n’avez pas l’impression de casser une rupture, l’homme a toujours travaillé. Dire : « l’homme doit moins travailler », c’est une véritable rupture.

    PA : Ce n’est pas tant une rupture que cela. Il faut savoir par exemple qu’au moyen age, il y avait 150 jours par an qui étaient non travaillés. Il faut savoir que dans les sociétés traditionnelles, le travail est toujours couplé à une autre dimension. Prenons nos moines dans les monastères, ils travaillaient mais je dirais que l’objectif était de se faire l’égal de dieu, donc il y avait une finalité. Aujourd’hui finalement le travail a perdu son rapport avec la vie quotidienne. En fait on travaille pourquoi ! Et bien tout simplement pour avoir un pouvoir d’achat. J’aurais plutôt tendance à dire, face au débat sur le harcèlement au travail, face effectivement à cette violence qui se développe avec les nouveaux modes de management : on ne pourra pas en finir avec le harcèlement au travail si nous ne renonçons pas à être, en même temps, des forçats de la consommation.

    Présentatrice : Paul Ariès quand je vous écoute, je vous imagine donc en train d’enseigner. Vous êtes politologue, vous êtes également directeur d’un journal, j’ai l’impression que vous aimez votre métier. Pour vous, le travail n’est pas synonyme de labeur ?

    PA : Je crois qu’il y a une énorme différence entre le fait d’avoir des activités et le fait, effectivement, simplement de chercher à gagner sa vie. On peut reprocher tout ce qu’on veut au capitalisme…

    Présentatrice : Parce que c’est un travail choisi et non subi.

    PA : C’est un travail choisi. On peut reprocher tout ce qu’on veut au capitalisme, mais c’est une société diablement efficace. Premièrement, parce qu’elle sait susciter le désir et le rabattre ensuite sur la consommation de produits marchands. Deuxièmement, parce que le capitalisme insécurise, il casse les identités collectives et individuelles et puis d’autre part, on le voit aujourd’hui, il développe la précarité et la flexibilité.

    Présentatrice : Il développe la liberté aussi, liberté d’entreprendre…

    PA : Bien sur qu’il développe une partie de la liberté. Je crois que la marchandise, l’invention de la marchandisation a été quelque chose d’historiquement essentielle mais qui a donné tout ce qu’elle pouvait de positif, et bien aujourd’hui effectivement il faut un basculement, il faut sortir de cette société du travail qui n’a finalement que quelques siècles, et passer aujourd’hui à un nouveau type de société.

    Présentatrice : Une pensée radicale, pas révolutionnaire mais radicale, en tout cas une pensée qui est assez atypique et on va pouvoir confronter votre pensée à celle de nos invités. Vous allez le voir, une chef d’entreprise, je suis sure qu’elle aura des choses à vous dire, une sociologue et un philosophe pour vous répondre. On accueille nos invités…



  • Sommes nous faits pour travailler ? En tout cas mettre de la pub en papier dans les boîtes au lettres ou arnaquer les gens c’est pas pour moi ni même bombarder des villages. Je bpsse pas ou alors gratuitement !!! Le boulot dans certaines boîtes c’est déja un peu la guerre. Macousine j’ai une mauvause vue ey ai du mal à lire les longs textes, désolé! Mais les vidéo que tu proposes sont vraiment bien, merci. C;est du bon travail, et pas du trépalium!
    Au lyc"e j’entendais l’exprseeion “Il faut trouver sa place dans l’Entreprise.” Dès le lycée j’avais la nausée Belle injonction-impasse.

    “Qui fait un m"tier qu’il affectionne n"aura à travailler aucun jour de sa vie” disait je ne sais plus lequel des célèbres sages chinois (pas Mao !!! ::D)

    “Quand vous faites ce qui vous passionne, vous n’avez pas l’impression de travailler” entendais-je dire Ennio Moricone des années après qu’on m’ai subtilement dissuder d’être compositeur (blabla trop dir blabla pas de débouchés blabla oublie ton rêve même dans tes rêves)

    L’école forme des bureliers et des espritslobotomisés hiérarchie raison blabala et clivés scientifiques / réalisteslittéraires poètes divertissant. Enfin l’école et spécialement l’école de musique brisent des carrières demusicien car on apprend pas la musique à l’école de musique ma à reproduire ce qui est évrit sur une partition. Une carrière peut démarer par un loisir, un travail être une passion.

    Dans cetaines sociétés la séparation travail loisir b’existe pas… Si quelqu’un a des références de documents à proposer ça pourrait être sympas

    Enfin à une époque où Christian mon voisin de la rue était encore en vie je me disais “P… qu’est-ce qu’il a dde moins qu’un psychologue ou qu’un curé ? Quand on voit les baltringues qui parfois exercent ces métiers!”

    Enfi, en Birmanie en certains autres pays les bonzes vivent de mandicité (ils ne doivent pas recevoir d’argent selon leurs préceptes mais nourritures etc…), ils sont très respectés. Ils sont utiles pour moi car il y a le visible et l’invisible. Les quelques fois où pour voir j’ai fait la manche en jouant de la flûte (tin whistle) avant je ramassais les papiers par terre pour faire une place propre, seules les caméra de surveillance le savent et les gens de droite qui prêchent la seule motivation du travailest alimentaire l’ignore car c’est pas comptabilisable. On ne mets pas le coeur en chiffres mais c’est le coeur qui est “utile” Et grâce à moi le trunnel piéton était un peu plus clean, au bon coeur des passant s et des contribuables qui alimentent la CAF

    Pardon pour la longueur.

    Enfin comme disatBalasko à des collégiens " il faut baiser ke Système."

    Amen !



  • Macousine reprend : Je n’ai jamais vu une présentatrice aussi pitoyable. Cette femme n’a rien compris au principe de l’interview. Lorsque Paul Ariès dit : « Je répondrais déjà tout simplement que le travail nous fatigue, donc visiblement nous ne sommes pas fait pour travailler », il a dit cela par humour, ensuite il a répondu sérieusement avec un argumentaire détaillé à la question posée. D’ailleurs il dit bien « je répondrais plus sérieusement …… c’est l’histoire d’un dépouillement ». Oui, un dépouillement et c’est là toute son explication : «On a dépouillé les anciens travailleurs de leur outil. On les a dépouillé ensuite d’une partie du « sur-travail », c’est-à-dire du profit».

    Et pourtant la présentatrice lui répond : « … Vous dites que le travail fatigue… » Voilà, c’est tout ce qu’elle a entendu, que le travail fatigue, alors que c’était la seule phrase à ne pas retenir et qu’il a dit des choses importantes, fortes, après cette phrase.

    Lamentable. Comment gâcher l’intelligence d’un homme au lieu de l’accompagner dans le développement de ses idées et promouvoir le merveilleux message qu’il voulait faire passer. Cela se passe en 2009, ne l’oublions pas et aujourd’hui, nous abordons à peine l’idée.

    Dans le paragraphe d’après, Paul dit des choses fondamentales sur le travail et se permet une blague : « Aujourd’hui cette obligation de sourire, qui est celle des hôtesses d’accueil dans les péages d’autoroutes ou des caissières à l’hypermarché ». Quand vous lisez le texte, vous voyez bien que cette phrase a peu d’importance, et bien c’est à cela que va répondre la présentatrice : « Je vous rassure, Paul Ariès, si je souris je ne suis pas forcée, personne ne m’y oblige… »

    Lamentable… et il y en a pleins d’autres des comme ça dans les interviews. A vous de les découvrir. C’est cela la manipulation des idées.



  • Désolée mais j’avais oublié son nom. Il s’agit d’Isabelle Giordano.


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