Un Regard sur la Forêt de Fontainebleau...


-- Féérie --

Je voulais me ressourcer au sein de Mère Nature alors j’allai au coeur de la forêt de Fontainebleau. Même si on était Samedi il n’ y avait personne car le soir était déjà bien avancé. Idéal pour jouer sans trac de ma flûte irlandaise ou Tin Whistle comme on dit dans ce pays celte. Un air puis deux avec les oiseaux. Avec l’ennui, la solitude, désespéré de ne voir aucune fée. Bon la vie c’est pas Donjons et Dragons et tout barde que je suis je devrai apprendre à composer avec ces humains et leurs affreux horaires, pognon, taf, logements, embouteillages, courses à Leclerc, garagistes hypocondriaques ‘et tous ces téras’…
Alors je range ma flûte et en bon ranger poursuis mon chemin et Biiim, l’inspiration ! Non plus Brocéliande d’Allan Stivell mais une sorte de pavane comme je joue d’ordinaire et là Wiiiizz, vision! Cette forêt est chargée de mémoire. Même si je ne suis pas médium j’ai la vision ou l’imagination de gens du passé, en particulier pour le tableau: du XIXème siècle, début XXème, plein de robes, de hauts de forme, de lampions de bals, de buvettes et autres traces de la Belle Époque ou la joie remplaçait le stress et où l’accordéon ou la mandoline sublimaient la mélancolie. De Nerval! Satie, et tous ces inconnus!
Comme je quittai ce coin de forêt pour rejoindre Titine ( ma voiture!) Je m’aperçus que ce bois échappant aux stress et à la montre était en fait et de fait une petite ville ou festoyaient nos anciens disparus non loin des roulottes des Bohémiens forains avec comme j’avais vu au début les petits êtres comme cette petite elve à dos de biche dont l’image me revient. Je saluai mes hôtes de cette charmante place d’un signe de la main en passant pour un fou auprès de quelconques éventuels spectateurs et puis montai dans ma voiture avec cette fois plein de choses à raconter pour vous divertir et cette ‘voie’ qui constitue un loisir, selon le dire de cette toubib du handicap, lors de l’entretien pour le renouvellement de mon allocation destinée à pourvoir aux besoins temporels des handicapés, des fous et autres inadaptés.

Antoine Toine pour Libre à Toi